dimanche 11 octobre 2020

L'Écho des Chaudrons

J’ai lu l’Écho des chaudrons comme les deux précédents livres de Michel Duchesne, l’Écrivain public et la Costa des Seuls, lentement pour savourer l’atmosphère qui y règne et qu’elle reste encore un peu à roder autour, une fois le livre refermé. 

Parce que j’ai ri tout au long de la lecture. 

Ils sont rares les romanciers qui, de nos jours, provoquent chez le lecteur une prise de conscience des inégalités sociales dans le rire mêlé à de la tristesse. Vous savez, ce type de rire qui nous arrache les larmes aux yeux. De par la tendresse qui transparait en filigrane. 

Michel Duchesne est un de ceux-là. 

Il est devenu au fil des ans le sociologue de la littérature. L’indigné parmi les indignés qui arrive par un tour de force et ses mots justes et forts, à nous dresser un portrait copié-collé de la société à l’est de la frontière de la rue Saint-Laurent. 

Il parvient à nous envelopper et à nous entrainer dans un univers que peu connaissent, celui d’Hochelaga-Maisonneuve. Il y avait longtemps que l’univers de Michel Tremblay ne nous avaient pas atteints par une autre source. 

La cuisine collective

Le nouveau livre de Michel Duchesne, pour faire écho aux chaudrons, ouvre la porte à un de ces univers de quartier, celui de la cuisine collective. Un univers décrit dans une mise en abime, sous forme de journal où les points de vue se chevauchent autour de la cuisine ou encore autour de l’univers illustré,  l’Écho de Tursar, créé par André Montmorency, Momo pour les intimes.

Il y a les personnages qui font partie du groupe des Fourchettes d’or, ceux qui cuisinent pour les plus démunis qu’eux, les Passé Dates, ce sont eux qui nous arrachent tout à la fois des larmes et des rires. 

Les indignés

La force de ce roman, comme par ailleurs celle des trois autres de l’auteur, c’est justement ce passage constant entre la sensibilité, la joie, la tristesse, l’humour décapant et bien sûr l’indignation. 

Voire même le désespoir des personnages décrit à feu doux. Démunis? Non! COURAGEUX, ces personnages analphabètes qui côtoient l'étalage de culture de Momo.

Pas étonnant que l’auteur cite Germinal de Zola. « Jamais vous ne serez dignes du bonheur, tant que vous aurez quelque chose à vous, et que votre haine des bourgeois viendra uniquement de votre besoin enragé d’être des bourgeois à leur place. » 

Michel Duchesne a une plume fine, acérée, tendre et sarcastique. Il a une manière toute à lui de passer d’un état à un autre en un tour d’éventail. Il personnifie tout sur son passage. Même les légumes, les épices et les arbres, « moi être un arbre, j’étoufferai à Montréal » et se venge au passage sur les tomates ou lorsque Mylène « faisait la peau à des poivrons fanés. » « Flang! Il envoya les navets à leur destin de crème… » 

Mathieu, l'écrivain public

Tout passe par la bouche et les réflexions de Mathieu, le narrateur, oui oui, le même écrivain public qui « rides again » celui qui s’adresse à vous dans ce livre, ou celui autour duquel tous les autres personnages gravitent. Comme pour ne pas nous donner qu’un point de vue sur la même situation. J'ai entendu dernièrement cette expression dans un documentaires sur la décolonisation : "on écrit pas l'histoire avec une gomme". Mathieu/Michel n'utilise pas d'"efface".

Michel Duchesne, donne la parole à Mathieu, le narrateur principal, à sa mère, à des posts facebook, aux réflexions de sa fille ado, pas facile celle-là et l'univers vrai de André Montmorency, le faux, celui qu'il crée Tursar, les deux entremêlés, lui l'exécrable, sans noblesse (snob) et pourtant si attachant. 

Pauline, qui me faisait penser à la passionnée Johanne Fontaine à qui ce livre est dédié. Nous l'entendons s'exprimer, pour celles et ceux qui l'ont connue, elles/ils reconnaitront ses manières de tourner les mots et les phrases que tout un chacun exprime dans la vraie vie d'Hochelaga. 

L'écrivain, Michel Duchesne

Lorsqu’on rencontre Michel Duchesne, on ne peut que saisir le personnage, lui-même, à fleur de peau, qui fait dire à Momo : « Nous autres, artistes, sommes simplement des catalyseurs qui captons des messages soufflés par de vieilles âmes. » 

 “ Il ne sert à rien d'éprouver les plus beaux sentiments si l'on ne parvient pas à les communiquer." Stefan Zweig 

L'auteur les communique si justement ! Si joliment! Son écriture est son allié le plus fidèle, comme Camus ! J’ai toujours pensé que le culturel était là pour que le politique puisse se donner bonne conscience. Que jamais le politique ne soutiendra vraiment le culturel ou les plus démunis. Ça ne rapporte pas! Et une fois au pouvoir, il faut démontrer que les budgets sont équilibrés pour assurer la prospérité économique.

Michel Duchesne est un romancier qui a trop d’injustices à dire, à dénoncer, à crier pour limiter sa vision. Il est indigné et rien n’échappe à son indignation. La religion, la politique, le milieu des subventions sous perfusion surtout pour le monde des pauvres, les relations mère-fils ou filles, ou père-fille, les artistes déchus, l'analphabétisme et le défi d'éducation, les immigrés et les difficultés de l'intégration… 

Aragon est devenu idiot (c’est mon opinion) quand il a commencé à faire de la politique, comme les autres poètes et écrivains qui s'y sont frottés. 
Parce que la création littéraire se trouve dans l’illimité, dans l’universel, en murmure quelque part dans l’univers entre la terre et les étoiles. Elle ne peut pas vivre avec un horizon plat, limité.

Michel Duchesne est un révolutionnaire sans révolution (Re : au titre du livre de André Thirion). Faites-vous partie des révolutionnaires sans révolution, des indignés? 

Si vous vous perdez parfois sans vous révolter sur le sort du monde, si vous êtes découragés par le manque d'empathie et d'humanisme, si vous doutez de l'humanité, il faut lire les livres de Michel Duchesne, pour vous rappeler qu’il existe plus démunis et plus humains parmi les chantres de la démocratie participative, qui ne mettent jamais la main à la pâte.

Et ce temps de Covid, on a qu’une envie, c’est de s’enfermer et d’aller cuisiner avec ce beau monde. On se dit que toute l’authenticité se trouve là dans la cuisine collective alors que le reste de la société n’est que duperie.

Des prix bien mérités

À notre grand bonheur, Hochelaga-Maisonneuve n'est pas uniquement connu par les Montréalais ou les Québécois en général. L’univers que décrit Michel Duchesne a sauté par-dessus les frontières pour se recevoir le prix des Droits humains à Bilbao, pour l’Écrivain public, série web, celui de la meilleure série internationale à New York, celui du meilleur scénario à Séoul et pour compléter le tableau chez nous, le 20 septembre 2020, la 3e saison de L’écrivain public scénarisée par Michel Duchesne et Éric Piccoli a gagné 3 prix Gémeaux : meilleure réalisation pour ce dernier et les mérités prix d’interprétation pour Emmanuel Schwarz et Sandrine Bisson. Majestueuses interprétations.

L'Écho des Chaudrons, disponible dans toutes les librairies

Et via le web à partir du 14 octobre. 

vendredi 2 octobre 2020

L’État à l’épreuve de la culture

Depuis 20 ans la diversité culturelle a été le cheval de bataille du gouvernement québécois pour s’affirmer autant sur la scène internationale que sur la scène intérieure dans sa relation avec Ottawa. À ce dernier, le multiculturalisme, et au Québec la diversité culturelle!

La preuve en est que les principaux spécialistes, reconnus internationalement, sont québécois dont Yvan Bernier, professeur émérite de l’Université Laval qui a rédigé avec l’ ancien ambassadeur de France à L’UNESCO, la Convention sur la promotion et la protection de la diversité des expressions culturelles culturelle de 2005.

Mais jusqu’ici on a abordé cette question sous l’angle de l’économie et des institutions internationales. Il manquait un ouvrage qui fasse le lien avec nos cultures en mutation « un ouvrage d’ensemble qui restitue la diversité culturelle dans le contexte des grands enjeux contemporains... comme le souligne, Jean Musitelli, conseiller d’État et co-auteur de la Convention, dans la préface du livre intitulé : « Diversité culturelle, vers un état culture » qu’a publié Fulvio Caccia aux éditions Laborintus.

Passé inaperçu à tort

Lorsqu’il est paru pourtant en 2018, cet ouvrage de synthèse et de réflexion est passé inaperçu. J’ai souhaité le mettre en lumière parce qu’il croise justement l’expérience de l’espace nord-américain et le temps long de la culture politique européenne.

Il revenait à un écrivain « allophone » québécois vivant désormais en France de le faire. Et qui plus est un écrivain à « la croisée des cultures », en mesure d’apprécier ce qui participe de l’un et ce qui revient à l’autre.

Fulvio Caccia, né à Florence, a vécu au Québec de nombreuses années où, il a cofondé la revue transculturelle Vice Versa, qui regroupait des écrivains, philosophes, poètes... de toutes origines selon une logique « éminemment vice-versienne ».

Fulvio Caccia a fini par s’installer par la suite à Paris où il a fondé l’Observatoire de la diversité culturelle et plus récemment une autre association LinguaFranca, un collectif d’écrivains, de chercheurs et de traducteurs qui défendent la littérature transnationale.

Qu’est-ce que la diversité culturelle?

Certains d’entre vous qui me lisez savent peut-être que j’ai exercé les fonctions de

« Conseillère spéciale à la diversité culturelle » à l’Assemblée nationale auprès du Parti Québécois.

Cet ouvrage ne pouvait donc me laisser indifférente. Je connaissais l’auteur qui fut dans les années 80, un des animateurs de la scène transculturelle montréalaise.

Mais plus encore son propos rejoignait mes propres questionnements :

Un état est-il nécessairement national?

Peut-on en faire l’économie en plaçant directement le curseur sur la culture? Mais qu’est-ce qu’une nation?

Qu’est-ce que la culture?

Un peuple?

Toutes ces interrogations on les retrouve en discussion dans cet ouvrage.

D’emblée avant de questionner d’où vient la culture? Fulvio Caccia pose la grande question du XXIe siècle : L’expression de la diversité culturelle peut-elle contribuer à redéfinir le vivre-ensemble ou, au contraire, est-elle le masque avenant de l’ultralibéralisme pour légitimer les inégalités qu’il génère? A-t-elle pour finalité cachée la liquidation de la civilisation, comme certains la redoutent, ou est-elle l’accomplissement de cette république universelle portée par les humanistes de la Renaissance et des Lumières?

L’exil et l’universalisme

À partir de ces interrogations essentielles, Caccia dresse un chemin qui mène non pas à des affirmations mais vers d’autres sujets qui questionnent toujours plus, greffés à celles touchées au départ.

Qu’est-ce qu’un exilé? Un nomade?

 Un latin ?

Les arts libéraux?

La culture et sa transmission par l’éducation ?

Le rapport de l’humanité avec son environnement?

D’une page à l’autre, d’une référence à l’autre, Caccia nous plonge dans des redéfinitions contemporaines.

L’universalisme ou du moins la crise de l’universalité n’est pas épargnée. Écartelée « entre le procès d’intention et le refus de retrouver son sens originel ».

Pour toute réponse, celle d’Edgar Morin qui explique l’échec des politiques :

« Il est quasi impossible, quand on obéit à la pensée compartimentée et parcellaire, de voir la figure d’ensemble, c’est-à-dire civilisationnelle de problèmes que l’on conçoit disjoints et qu’au mieux on juxtapose en patchwork. »

N’est-ce pas ce qui se passe en ce moment même dans nos civilisations démocratiques au nom même de cette démocratie?

Le morcellement des communautarismes au nom du multiculturalisme.

Et si nous envisagions de prendre en considération un nouveau type de citoyenneté?

Une citoyenneté transculturelle pour la « désenclaver de son idéalisme ou de son cosmopolitisme supposé pour lui donner un réel ancrage politique. »

Les Bobo, idiots utiles?

Un nouveau type de citoyenneté est en train d’émerger.

Elle serait éloignée des bons sentiments de la bien-pensance, entretenue par un certain militantisme de gauche « politiquement correct » qu’on attribue parfois à tort à une frange de ces Bourgeois-Bohèmes qui préempte les quartiers populaires des centres- villes et pave la voie aux fondamentalismes.

Cette citoyenneté en devenir se fonde sur l’expérience du déplacement telle qu’elle a été vécue à travers l’exil et l’immigration.

Dès lors se pose pour l’exilé et l’immigrant et surtout ses descendants la question de l’allégeance : « un sujet plus que jamais sensible de nos jours. Le retour à un nationalisme de stricte obédience nie cette réalité et contribue à entretenir la fiction d’une culture-racine (comme dirait Glissant) fondée sur le mythe de sa propre pureté divine »

Ulysse, l’exilé

La figure de l’exilé et plus encore de l’errance qui mieux qu’Ulysse le personnifie L’Odyssée qu’il entreprend a des échos très contemporains sur notre propre quête d’identité. C’est à lui que demande :

- Qui es-tu? Lui demande le rhapsode des Phéaciens au terme de son odyssée.

- «Mon nom est personne, lui répond le vainqueur de la guerre de Troie ayant oublié les exploits qu’il avait accompli alors avant que le rhapsode ne lui rappelle.


C’est à ce moment seulement qu’il se souvient et qu’il prend pleinement conscience de qui il est. Dès lors il pourra retrouver le chemin de sa maison.

Cela a un air connu pour nous Québécois, comme notre devise : JE ME SOUVIENS !

C’est dans cette perspective que cet ouvrage est intéressant. Quiconque plonge dans cet essai en ressortira non seulement indemne mais avec une meilleure compréhension des phénomènes culturels dont on nous abreuve à longueur de journée.

« Toute discussion sur la culture doit de quelques manières prendre comme point d’appui le phénomène de l’art. » Hannah Arendt 1-

Fulvio Caccia d’expliquer cette métaphore par le fait que si la culture constitue un environnement rendu propice par les soins de l’homme, l’art en est par analogie son « principe actif ».

Son mouvement et sa transformation qui changent tout en restant semblable.

Ce que Caccia défend et j’adhère à sa démarche est d’élaborer une politique authentique de la diversité qui « permettrait de dépasser cette inégalité... en réinscrivant la formation tout au long de la vie dans les politiques publiques de la culture».

Puisque ce que soulève la diversité culturelle, c’est la capacité de mettre en relation le pouvoir d’émancipation de l’art avec la société – chacun indépendamment de son origine. »

Nous pouvons compter sur un dictionnaire amoureux de la laïcité, dirigé par Henri Peña- Ruiz.

À quand un dictionnaire amoureux de la Diversité Culturelle dirigé par Fulvio Caccia?


La diversité culturelle Vers l’État-culture Fulvio Caccia Éditions Laborintus, 235 p

  

1 - Hannah Harendt, La Crise de la culture, Paris, Gallimard, 2000.


 

jeudi 16 juillet 2020

Revenir en ville - l'ensauvagement de la société

Cher Pierre April,

Je m'adresse à toi car pendant ce confinement stricte en Espagne, tes messages étaient si pleins de tendresse qu'ils m'ont émue.

Tu sais quoi, j'avais écrit un premier post sur la situation que je vivais en Espagne puis comme tu appréciais les lire, j'ai continué chaque matin en décalage horaire en m'adressant à toi et à quelques-unes des personnes qui suivaient mes tribulations comme le dit si bien Carole Poirier. 

Andalousie juin 2020


Hier, tu m'as posé la question si j'étais enfin libre? Je n'ai pas répondu sur facebook car je comptais t'écrire directement en message privé puis j'ai décidé d'écrire ce texte. 

En Espagne, j'étais au bord de la mer, enfermée certes mais en face de la mer. Ici je suis en face des immeubles du centre-ville et lorsque je sors depuis 2 jours, je reviens à la maison fâchée.

Je n'en reviens pas du laxisme des personnes ici.  Mais ça c'est un autre dossier.

Ce qui me désole encore plus est cette justice de fond de ruelle qui sévit au Québec en ce moment qui consiste à accuser quelqu'un sur les médias sociaux sans porter plainte à la police qui fait que les personnes accusées se retrouvent abandonnées par leur employeur.

Comment mieux bafouer une société démocratique que d'appliquer une justice de fond de ruelle basée sur des dénonciations - vraies ou fausses, là n'est pas la question. 

Celle qui m'a le plus choquée est la dénonciation de Safia Nolin la journée d’anniversaire de Maripier Morin. 

Je dois avouer que lorsque j'ai entendu, pour la première fois la voix plein de douceur de Safia Nolin, j'avais été charmée. 

Puis par la suite lorsque j'entendais ou je lisais ses messages vulgaires et grossiers, j'avais l'impression qu'elle faisait de la fausse représentation. Le contraste entre les deux était trop flagrant. 

J'apprenais en lisant de loin ses tweets et ses posts qui apparaissaient sous son nom que son père est d'origine algérienne. Apparemment, ce dernier l'aurait abandonnée. Eh bien, elle ne fait pas honneur à ses origines et devrait prendre exemple sur nombres d'entre les Algériens et Kabyles, des personnes éduquées, cultivées et dignes. Ceux que j’ai rencontrés sont admirables et organisent des événements pour honorer et commémorer leur culture. À mon avis elle devrait tenter de les adopter. 

Hier, j'ai écrit le tweet suivant en retweetant avec un commentaire celui de Jean-François Lisée qui comparait la période actuelle à celle stalinienne. Nous ne sommes pas loin!  

J'arrête ici ce texte qui s'adressait au début à toi cher Pierre et aux personnes qui m'ont suivies depuis mon exil espagnol, en guise de texte de remerciement de m'avoir incitée à écrire et vous raconter ce que quotidiennement il nous arrivait. J'ai bifurqué sur la situation actuelle où les dénonciations sur fond de médias sociaux font rage! Désolée. 

Je nous souhaite de rester libres et de ne pas avoir à subir les affres de n'importe quel individu revanchard, menteur ou jaloux. 
Être témoin de l’ensauvagement actuel est désolant! 

lundi 13 juillet 2020

14 e Jour de confinement à Montréal


Aux bains arabes à Ronda
Aux bains arabes à Ronda - Andalousie

Celles et ceux qui ont suivi mes tribulations comme le dit si bien mon amie Carole Poirier, elle qui était venue me rejoindre dans mon petit paradis espagnol l'année dernière, savent que j'ai dû faire trois confinements, isolée depuis le mois de mars.

Il y a eu le confinement stricte demandé par les autorités espagnoles dès le 14 mars qui s'est assoupli à la mi-juin.

Puis il y a eu deux isolements de 14 jours en Espagne. Le premier lorsque j'ai vainement tenté d'obtenir, en m'y rendant directement, un billet d'avion à l'aéroport de Malaga - Costa del Sol

Mes voisins ont préféré que je fasse un 14 jours d'isolement.

Puis après ces 14 jours, j'en ai fait un autre car je pensais avoir un rhume. Ce qui n'a pas été le cas. Donc, je me suis isolée volontairement en mentionnant à mes voisins que je croyais avoir un rhume. 
Bien entendu, j'avais oublié mes allergies saisonnières disparues lorsque mes voisins m'ont apporté des pilules anti - allergie. 

Puis en revenant à Montréal le 30 juin, les autorités canadiennes nous demandent de nous mettre en quarantaine. Ce que j'ai fait.  Ils m'ont certifié que le 14 juillet, je pourrais sortir. 

Aujourd'hui, c'est mon dernier jour de quarantaine à Montréal et je peux vous certifier que si j'avais été 3 mois en confinement ici je serai devenue barjo ou alors j'aurais relu tous les livres de ma bibliothèque, ou alors pondu deux autres romans. 

Voilà. Le décor n'est pas le même. La vie n'est pas la même. 

Mais qu'est-ce qu'on est bien dans un de nos chez nous!

À part, lire les pro-masques et les anti-masques. Cette polémique m'a tellement déçue. 

Nous vivons dans un pays assez aseptisé. Nous sommes libres! 

Libres d'émettre une opinion, de se la faire contester, de riposter, de manifester... notre devoir pour conserver ces bienfaits c'est de comprendre que de temps en temps, il y a lieu d'écouter les spécialistes. 

Et ici les spécialistes sont en l'occurence, les médecins, les infirmières et les préposés qui sont en première ligne. Et qui, s'il y avait une épidémie plus significative, ne suffiraient pas à la tâche. 

Notre devoir est de les soutenir. Et de nous respecter mutuellement pour ne pas nous retrouver reconfiné. 
Ce sera difficile! 

Demain, je sortirai, puisque je serai à mon 15e jour comme me l'a mentionnée l'agente du gouvernement. 

J'irai voir mon père qui se trouve dans un centre pour personnes âgées. Que j'ai fait déménager à distance avec ce que ça implique de changer les comptes Videotron à distance, etc. 

Son centre ayant fermé ses portes aux visiteurs le 14 mars et rouvert la semaine dernière. Il y a eu 29 cas de Covid-19. 
Je suivais tout cela à distance en priant la mer d'envoyer des ondes d'iode au Centre pour nettoyer la tête couronnée d'épines. 

Et savez-vous quoi?

Mon père a 92 ans. Il a eu la tuberculose à l'âge de 19 ans. Il bénit la streptomycine qui lui a été administrée à l'âge de 19 ans et qui l'a sauvé sinon, je ne serai pas née, me rappelle-t-il. 

Il a un poumon qui s'est affaissé et l'autre qui a pris toute la place, m'a-t-on un jour expliqué. 

Son métier, croyez-le ou non musicien, Saxophoniste et clarinettiste.

Demain, j'irai le voir. J'attacherai mes cheveux bien serrés dans un chapeau et je porterai, malgré mon confinement de 3 mois et 3 fois 14 jours isolée, un masque, une visière et des gants, que j'aspergerai d'alcool avant de rentrer dans sa chambre. 









mardi 7 juillet 2020

Adieu Sifu Gabrielle!

Lorsque les médias annoncent la mort de quelqu'un dans des circonstances tragiques, notre réflexe est de penser aux familles, aux amis, amies, aux êtres qui connaissaient la personne.

Et lorsqu'on nous appelle pour nous annoncer que cette personne inconnue des médias est une de nos amies chères, notre monde est dévasté.

Plus encore lorsqu'on lit l'article concernant sa mort. Si impersonnel, aucun nom de personne, comme si cette personne était une inconnue.

Il est vrai qu'elle n'était pas connue des médias, ni de leurs amis et amies. Mais elle était connue par une communauté toute entière.

Et il est rare que les médias accordent de l'intérêt à la diversité sauf si un de leurs membres proteste, victimise, ou alors critique allègrement la société dans laquelle il vit. C'est ainsi.

Or, bien que le reportage soit impersonnel, ce n'est pas n'importe quelle personne qui s'est noyée. C'est une femme très connue des milieux chinois de Montréal. À juste raison.

Sur facebook :
Ce n’est pas n’importe quelle femme! Non! Ce n’est pas n’importe quelle femme qui s’est noyée! Une femme parmi d’autres? Non!

Elle porte un nom.

Elle, c’était Sifu Gabrielle.

C’était un pilier de la communauté chinoise! Une des rares québécoises de souche à autant connaître les membres de la communauté chinoise de Montréal, les familles, les enfants d’ici et d’ailleurs comme s’il s’agissait de sa propre famille!

C’était elle qui était responsable de la Danse du Lion, entre autres, vous savez cette danse bruyante et colorée que nous voyons déambuler pendant les festivités dans le Quartier chinois.
C'est cette troupe de danseurs qui égaye les malades de l’hôpital chinois de Montréal chaque année, pendant le Nouvel An.
Et qui exécute une danse différente sur chaque étage au plaisir des malades.

Elle qui s’occupait des jeunes chinois pour les aider à rééquilibrer leur énergie.

Elle qui était prof de T’ai Chi dans la communauté.

Elle qui parlait couramment le mandarin!

Elle qui était une grande amie de Francine Grimaldi! De Bobby Breton Parisi et de bien d’autres car elle était l’Amie que toutes et tous aimeraient avoir.



Avec laquelle nous avions le projet d’organiser une soirée hommage à Francine après mon retour d’Espagne.

Un ange !

Être auprès d’elle, c’était se retrouver dans une autre dimension. Celle de la vie telle qu’elle devrait être, toute en douceur.

Se souhaiter la bonne année!




Car elle était la douceur incarnée!

Adieu Sifu Gabrielle!


Adieu!







mardi 30 juin 2020

Retour à Montréal!

Si vous lisez ce message, c’est que je suis enfin arrivée à Montréal. 
Après plus de 33 h de voyage entrecoupé par une demi-nuit dans un hôtel à l’aéroport. Masquée pendant presque 24 h. Dur!
Je peux affirmer que les masques chirurgicaux sont plus confortables que les masques en tissus. Bien plus supportables, moins jolis certes. Porté 11 h de suite, 3 changements. Permettent de mieux respirer. 
Masques chirurgicaux! Mieux! 

Ce que je voulais éviter à tout prix la run de lait. Eh bien, c’est raté. Je l’ai faite. Toute qu’une ! 
Mon premier vol ayant été annulé: celui du 21 mai, puis celui du 29 juin et celui du 15 juillet. Aussi, lorsque Air Transat a annulé ses vols directs de Malaga, j’étais déboussolée. 
Parce que faire un direct Malaga /Montréal; c’est comme faire Montréal / Sainte-Luce-sur-mer en voiture. 
Ça se prend bien. 
Grâce à un ami Martin Girard qui m’a trouvé un jour un billet de Madrid à un prix raisonnable, j’ai retrouvé ma boussole. 
Merci tellement Martin d’avoir pris le temps de me chercher un billet ! 💙🌈💜🙏 Et d’avoir compris que malgré mon humour parfois caustique, je voulais rentrer, même si le décor était féerique! 
Cette ouverture possible! Enfin! J’ai pris ce nouveau billet en 20 min. Il y a quelques semaines le plus proche possible du 1er juillet en sachant que les frontières ouvriraient à cette date. 
Auparavant, je refusais de payer un vol de retour entre 3 et 6000 dollars. 
D’autant que le centre pour personnes âgées où vit mon père a été fermé le 14 mars et rouvert cette semaine seulement. 


Gare Atocha de Madrid! 


J’ai donc quitté l’appartement de mon amie à Benalmadena á 14 h 30, hier, le 29 juin 2020, pris le train Malaga - Madrid, puis hôtel près de l’aéroport à Madrid pour une courte nuit. 
Départ de Malaga 16 h. 
Cafétéria presque déserte sur la Plaza Barajas à Madrid. Café El Principe. 


Aéroport de Madrid. 
Le matin, dans un aéroport quasi désert, à Madrid, pris le vol pour Paris. 

L’aéroport était un peu plus animé à Paris. J’ai même croisé un Saoudien habillé comme Raif Badawi dans l’une de ses photos préférées. Pareil. Même couleur. Tout! Je pensais à lui dans sa prison... 😥

Puis le vol Paris - Montréal. Sans voir ma famille qui vit à Paris. Ni ma sœur qui vit près de l’aéroport Charles-de-Gaulle CDG. 
C’est pas le moment de s’amuser en chemin, comme disent les Madelinots ou les Néo-Brunswikois.
Arrivée à Montréal le 30 juin 2020 en fin de journée, heure de Montréal.
Aéroport Paris CDG.
Enfin! Oui!



Même masquée comme toutes celles et ceux que j’ai rencontrés dans les rues de Malaga et de Madrid y compris dans les stations de train et dans les avions. 
Les hublots bleutés du Boeing spectaculaires. 
Fabuleuse compagnie aérienne Air France! Comme c’est magique de voyager avec cette compagnie. Prendre un Boeing 787 Dreamliner, c'est comme voyager au-dessus des nuages. 😉
Bien sûr, nous occupions un siège sur deux à moins de faire partie d'une même famille. 




Il y a eu pendant ces 4 mois, les grandes angoisses de tomber malade loin de chez soi, les nuits blanches, surtout lorsque mes amis espagnols m’annonçaient que nous ne serions pas soignées nous, les personnes de plus de 60 ou 65 ans. 
Il est clair qu’il y a pire comme confinement que celui d’observer les marées et les étoiles vues d'Andalousie. 
Ce qui a été le plus difficile c’est cet isolement stricte après une tentative d’obtenir un billet directement à l’aéroport à la fin du mois de mars. 
Merci du fond du cœur Steve Maman, vous savez, ce type qui sauve les Yazidis qui, vers le 17 mai, m’a envoyé un message privé me proposant d’utiliser ses points de voyage alors que le billet de retour était de 5848 euros. Steve, tu es l’ange gardien de beaucoup de personnes! Des Yazidis, de ta famille, de tes amies et amis.  Prends soin de toi aussi! 🙏😍
J’ai bien sûr refusé son offre au moment du pic de la crise.  
Et après avoir eu une longue conversation avec les représentants de l’ambassade et du consulat du Canada en Espagne, j’ai décidé d’attendre. D’être très prudente. 
Je remercie vraiment les gens du Consulat/Ambassade pour cette conversation rassurante que j’ai eue avec eux. 
Ils souhaitaient savoir si j’avais un problème quelconque... besoin d’un prêt pour un billet, santé, etc. C'était un homme. Il a été formidable! Dommage que je n’ai pas retenu son nom. Vraiment rassurant! Elle a même voulu savoir si je pouvais compter sur des amis. 
J’ai donc pris mon mal en patience. 
Un moment, j'ai pensé faire des reportages puis je me suis ravisée car je n'ai pas le droit de travailler en Espagne. 
C’était aussi plus prudent que je n’aille pas à Madrid pour les conférences de presse. 
À Montréal, la crise sanitaire débutait. 
J’ai eu pour grande compagne pendant 3 mois et demi, la mer et ses marées que j’ai étudiées bien attentivement. 
Il y a deux personnes, José et Emilia, très chères à mon cœur qui m’ont fait prendre 7 kg à force de me gaver des plats espagnols, plus délicieux les uns que les autres. 
Nous nous sommes confinés tous les trois, pendant 3 mois, enfin en respectant le mètre réglementaire à table... entrecoupé de 15 jours d’isolement après mon escapade à l’aéroport. Emília n’a pas abandonné de me faire découvrir «los platos de Sevilla, Córdoba, Valencia, Madrid... ». Elle me déposait des casseroles à la porte. 


Casserole de Cocido
à la porte sur un plateau que Emilia transportait
pendant mon isolement stricte. 
Inoubliables Émilia et José. Et les autres, Pedro, Salvador, Marián, Alfonso, Antonio, ... moments très spéciaux! Uniques! 
Et il y a eu Javier avec lequel je faisais un peu de sport tous les soirs de 19 h à 20 h 30. Cela consistait à arpenter la terrasse, tout en discutant sur Skype. Il habite à Albacete, nous avons même enregistré des poèmes moi en Espagnol,  et lui en français. Merci! 🙏💜🌈💙 Nous avons bien ri et fait un soir 6 km 1/2, notre maximum, sans nous en apercevoir. 
Imaginez le nombre d’allers et retours sur une terrasse de 3 mètres. 
Il y a eu aussi les retrouvailles avec mon amie ado, Simone Supino, avec laquelle je discutais par Messenger Facebook presque tous les jours. Nous nous sommes rattrapées... elle confinée en République dominicaine et moi en Espagne. Toutes deux en attente d’Air Transat. 
Et j’ai fini l’écriture de mon roman que j’ai même réécrit à la 1ère personne.
Le plus triste pendant cette période a été le moment de désespoir lorsque j’ai appris la mort de mon amie très chère, amie d’une vie, Jacqueline Aubry. 
À partir de cette journée, j’ai observé les étoiles tous les soirs pendant une demi-heure. Toujours à la même heure. J’attendais un signe d’elle. Je lui racontais les découvertes de ma journée. 
Nous sommes retrouvées, ses amies Lise Warden, Christianne Chaillé-Smarsh et moi, lorsque nous avons appris son décès. Et toutes et tous avons assisté via Zoom à un après-midi commémoration. C'était très touchant.
Il y a eu vous, amies et amis virtuels qui, jours après jours m’alimentaient. Vous vous reconnaîtrez toutes et tous ! 💙💜😍😉🙏
Á suivre dans la Voix sépharade où je tenterai de vous raconter le confinement sous un autre angle. 
Un retour alourdi par la perte de mon amie. 
Heureuse de me retrouver dans mon pays d’adoption.
J’en adopterai bien un autre ! 
L’Espagne! 

Ah j'oubliais! Encore un autre confinement. 
14 jours en arrivant... je dois lire la documentation donnée à l'aéroport. J'ai 14 ou 15 jours pour la lire... 
Ces dernières images de fin du monde de l’aéroport de Montréal. Vide!
Aéroport de Montréal en attendant les bagages.

Aéroport de Montréal Hall des arrivées. 

vendredi 19 juin 2020

Nous, les bons et eux, les méchants!

Pétage de coche!
Qu'est ce qui s'écrit comme inepties en ce moment sur le racisme systémique d'état, par des personnes intelligentes qui confondent tout : racisme systémique d'état, discrimination systémique, racisme tout court, discrimination, haine de l'autre, etc.
Et par d'autres comme Jagmeet Singh, qui se font du capital politique en tentant de polariser.
Nous les bons, eux les méchants.
Le Premier ministre, François Legault, a eu l'intelligence et la présence d'esprit de rapidement présenter des solutions pour contrer le racisme et ne pas vouloir entrer dans la polémique tant aimée des personnes qui n'attendent que cela pour pointer du doigt et accuser les Québécois de racisme. Alors qu'ils se disent eux mêmes Québécois.
Mais attention, disent-ils, il y a nous et les autres et on ne mélange pas les serviettes et les torchons.
Je vais vous raconter quelques anecdotes puisqu’il est de bon ton de raconter une anecdote sur les médias sociaux et de conclure au racisme systémique d'état prouvé par l'exemple présenté.
Je suis de culture juive - je fais la nuance car je ne pratique pas ou si peu... avec mon père pour lui faire plaisir parfois et moins souvent que plus - et j'en ai entendu des vertes et des pas mûres partout dans le monde.
Un jour, à Paris, un homme m'a bousculée en me criant dans la rue comme ça gratuitement : sale beur, retourne dans ton pays! ! Ce qui veut dire sale arabe! Je rappelle que je suis juive.
Une autre fois, en Slovaquie, à Bratislava, le leader Tchétchène qui participait à une conférence sur les droits de l'homme, à laquelle je participais aussi, à qui j'avais proposé mon bras pour l'aider à remonter la côte au bord du Danube parce qu'il était trop saoul et qu'il pouvait tomber dans la rivière. Il m'a répondu: ne me touche pas Gitane ! Tes cheveux frisés de gitane sont horribles! Ne me touche pas. Ne me touche pas toi sale Gitane! Le lendemain, je lui ai mentionné ce qui s'était passé et il a nié en prenant les personnes autour comme témoins alors que justement ces personnes avaient assisté à la scène. Ils n'ont rien dit. C'est le chef après tout. Je rappelle ici que je suis juive!
Je continue, un jour au Maroc, un homme à Marrakech m'a répondu en arabe... toi la sale Casablancaise qui parle l'arabe avec un accent français. Viens voir par ici, j'ai deux mots à te dire, tu vas arrêter de nous snober! Je rappelle que j'ai quitté le Maroc jeune et que je parle l'arabe avec un accent français. Je ne me suis pas offensée et comme je connais bien la culture, nous avons fini par un dialogue autour d'un verre de thé.
Je pourrais poursuivre ainsi car des anecdotes d'ostracisme et de bêtises, je pourrais vous en servir toute une collection.
Je vais continuer encore un peu pour que ce soit plus clair. J'ai voulu faire une série de reportages sur les Juifs hassidiques et ceux de Saint-Agathe. Lorsque j'ai rencontré les rabbins, ils ne voulaient pas me regarder. Ils répondaient à mes questions en regardant le mur en face d'eux. Je rappelle que non seulement je suis juive mais mon arrière grand-père était un grand rabbin à Jérusalem. Une rue porte son nom et il a écrit des livres sur le dialogue des cultures précisément, je l'ai appris il n'y a pas longtemps à Cordoue.
Pour poursuivre dans la même veine, j'ai travaillé dans une université et j'ai contribué à l'essor comme directrice des relations gouvernementales et affaires publiques avec des projets qui ont apporté des millions à l'institution. Un personne juive ashkénaze est devenue mon patron. Il ne pouvait décemment pas travailler avec une juive sépharade qui défendait autant Israël que la Palestine et qui souhaitait que les deux se reconnaissent et s'entendent une fois pour toutes. Et qui défendait les étudiants juifs autant que les étudiants palestiniens qui voulaient exprimer par des expositions d'art, leurs détresses ou leur compréhension du conflit israelo-palestinien.
Ah! Encore une petite pour la route ! Au CEGEP Saint-Laurent, il y avait un type qui ne cessait de me répéter quand je parlais... veux-tu ben nous lâcher avec ton ostie d'accent supérieur français de France !
Je pourrais continuer indéfiniment. J'en ai rempli plein les poches!
Ah! peut être une dernière. Je ne pouvais pas me présenter comme candidate en politique dans une circonscription car UNE ou DEUX personnes de l'exécutif étaient contre le fait qu'une femme qui défende Israël puisse se présenter. Et une juive de surcroit. Je me suis retirée sans faire de vagues.
Je crois bien qu'il ne s'est pas passé un jour dans ma vie sans que des réflexions désobligeantes, des expressions racistes, de mépris, pour mes cheveux frisés (bien sûr cheveux crépus de nègre, on me l'a dit tant de fois ou alors gitane), pour le Maroc, pour les Juifs, pour Israël, pour les Palestiniens, pour l'accent français, pour les souverainistes racistes, pour ma manière de parler avec les mains si méditerranéenne, par un type - esprit de clocher de Québec, la ville, etc.
Donc d'un côté, je suis juive et ça ne va pas, je défends les Palestiniens et ça ne va pas. De l'autre, je défends Israël et ça ne va pas. Je défends le Québec et ça ne va pas. Je parle avec un certain accent français qui ne m'a jamais vraiment quitté et ça ne va pas. J'ai les cheveux frisés et ça ne va pas!
Tous ces signes distinctifs dérangent. Mais ils dérangent qui?
Ils dérangent les incultes, les racistes qui, en s'exprimant, démontrent leur ignorance.
Vous savez pourquoi ça les dérange, parce que de nombreux êtres humains sont ainsi!
Ils critiquent, ils ont des opinions, ils analysent au ras les pâquerettes, ou alors ils expriment leur racisme tout haut, ou bien, ils émettent des opinions idiotes parce que leur grille d'analyse est bien pauvre et faible.
TOUTES ET TOUS SONT PEUT ÊTRE DES RACISTES À PLUS OU MOINS GRAND NIVEAU !
MAIS UNE CHOSE EST CERTAINE:
Une certaine forme de racisme existe PARTOUT dans le monde ! Elle s'exprime différemment selon les pays, les us et les coutumes.
La forme la plus haute du racisme systémique d'état a été démontrée pendant la Seconde guerre mondiale contre les Juifs, les Gitans, les homosexuels, les bruns, les noirs, etc. par les Nazis.
C'est cela le racisme systémique d'état. Un véritable système d'état mis en place!
À ne pas confondre avec le rejet de la différence car c'est ce qui se passe tous les jours. Partout!
LE REJET DE LA DIFFÉRENCE! ET CE REJET ENTRAINE LA PEUR DE LA DIFFÉRENCE DE L'AUTRE ! Je ne suis pas certaine que si nous nous ressemblions toutes et tous et que nous nous regardions dans un miroir, nous nous trouverions toutes et tous beaux parce que pareils?

Qui a déjà dit: quand je te vois, je me hais... Claude Berri peut être?
Quel est donc l'intérêt de se ressembler et de niveler pour ne plus qu'il y ait de reliefs ?











samedi 30 mai 2020

Positano

C’était il y a un an. Le 30 mai 2019.
Positano. Au lieu d’aller comme tous les touristes en bas, vers la plage et les boutiques, j’étais restée en haut après avoir pris l’autobus de Sorrento.
Il était hors de question que je reprenne la voiture. Les Italiens et la route! Surtout pour arriver ici...
Seule! Enfin arrivée à méditer!

Positano! Mon amour!
Je cherche dans mes archives photos, celles prise de nuit d’avion avec vue sur Positano, dans le vol de nuit, en direction de Upsala (Suède) pour aller chercher une bourse et un prix pour Raif Badawi en février 2017 je crois bien. Je ne la retrouve pas avec mon iPhone.
J’y suis! À Positano, j’y reste pour plusieurs jours. Les photos se ressemblent? Le décor aussi avec mes lunettes de soleil ! 😂 je ne vois rien de ce que je publie...
Ici, en Italie, on me parle en Italien et ils me prennent pour une Italienne.
Ils n’ont pas tort. 40 à 49 % d’ADN ça ne trompe pas. Au Maroc, on me parle en Espagnol et on pense que je le suis. En Israël, on me parle en Hébreu en me disant que je ressemble aux anciennes sabras (femmes originaires de Palestine. Ils n’ont pas tort - 50 à 59 % de mon ADN).
En Palestine, on me parle en arabe en pensant que je suis Palestinienne (ils n’ont pas tort ma grand-mère et mes ancêtres y sont nés et y sont morts et enterrés)  - le tort est d’avoir conservé ce magnifique nom Palestine pour désigner les ancêtres juifs, chrétiens, arméniens,
Orthodoxes, arabes de la Palestine ancienne d’avant 1948... pour diviser le territoire partagé. Pourquoi? Ne pas avoir appelé le territoire d’un nom arabe... comme prévu. Ça porte à confusion et les juifs, les Chrétiens, etc. dont le nom de la Palestine figure dans les livres saints (ancien et nouveau testament)  ne se seraient pas sentis bafoués aujourd’hui. En Espagne, on me parle en Italien. Et au Québec, après 54 ans on me prend pour une maudite française. Je suis méditerranéenne ! Je réponds ainsi ! 😉 maintenant à qui veut l’entendre.
Positano, la Fabuleuse!

























Ronda - juin 2019

Á Ronda (Andalousie) ! Amis/amies sans masques en criant et en chantant en voiture sans peur des gouttelettes.

C’était en juin 2019. Avant de rentrer à Montréal. Ma première année de retraite. J’avais décidé de faire tous les voyages que j’avais négligés. J’ai profité de laisser mes bagages chez mon amie en Andalousie et EasyJet, Ryanair et le train. Les prix dérisoires!

Je suis allée á Paris, voir ma sœur, fait coïncider avec la nuit blanche des musées puis, l’Italie, Naples et la côte amalfitaine, puis Séville, Cordoue et ici Ronda 4 h du matin après une soirée de flamenco.
Comme s’il fallait tout faire en une fois. Je n’avais pas tort!

Depuis le 14 mars, je suis sortie 6 fois peut être de la maison, pour aller á l’aéroport inutilement, au marché, à la pharmacie et chez le dentiste.
Cadeau!


jeudi 28 mai 2020

28 mai 2020

Il est 21 h 44 et c’est comme en plein jour. Les vagues sont grosses et deux surfeurs s’amusent. Vous les voyez?

Les ados se promènent sur la plage. Les amourettes seront longues cet été! Nous sommes le 27 mai.
L’odeur du varech remonte plus forte par le passage de chacune des vagues.

C’est vivifiant! Je m’émerveille chaque fois!

Je tente de profiter de ce confinement pour refaire ma vie à l’envers.

Et ça marche!

dimanche 24 mai 2020

Synthèse positive - Bon BBQ

La tête couronnée d'épines - Coronavirus ou Covid-19 en quatre temps au Québec vu de loin -


Synthèse positive :

1 - D'abord il y a eu la ruée vers le papier de toilette.
2- Le slogan ça va bien aller.
3- Il fallait faire son propre pain pour que la maison sente bon.
4- Puis, le BBQ tant attendu est finalement ouvert. 😉💜🌈💙
Bon BBQ Québec!
Ici, l’Espagne rouvrira ses frontières aux touristes étrangers au mois de juillet.
La prudence est respectée dans les rues si on ne peut pas garantir les deux mètres de distance le port du masque est obligatoire sous peine d’amendes salées. Tous ou presque portent un masque sauf quelques jeunes rencontrés. Dommage!
Au marché, il y a vente de masques jetables. 39,95 euros pour 50 masques (photo).
La discipline des Espagnols a été exemplaire pendant le confinement stricte. Bien sûr, il y a eu des exceptions pendant la phase 0 de déconfinement.

Ici dans la province de Malaga, nous sommes toujours en phase 1.
Il commence à y avoir de la vie. Sur l’eau. Certains se trempent les pieds, les cris des enfants sur la plage, les garçons un peu plus vieux, s’amusent avec des filets, d’autres pêchent et les planchistes se promènent sur l’eau en pagayant.

Ça respire mieux. Bien qu’il fasse 35 degrés dans notre petit coin de paradis.