dimanche 24 février 2013

DE LA PASTA AUX WC DANS LES RISTORANTE À L'INTIMIDATION

Côté est du Théâtre du Nouveau Monde (TNM)


Visionner cette vidéo avec des enfants et des adolescents fragiles.

Il y a quelques heures, j’écoutais des émissions de radios via l'application TuneInRadio, histoire de laisser un peu tomber les pastas et les W. C. dans les Ristorante pour quelques heures. La suite.


Sur RTL.fr,  j’ai entendu les entrevues accordées par les parents du petit Matteo en France. Un enfant, d’une beauté rare (photos à l’appui).  

Cet enfant rouquin qui s’est suicidé parce qu’il en avait assez des railleries de ses camarades à son endroit.

A écouter : les parents du Jeune Matteo
A lire : Lettre ouverte au principal du collège du Bourg-St-Maurice 

Je suis toujours interpellée par ces histoires de jeunes qui ne voient pas la lumière au bout du tunnel. Je suis d’autant plus touchée lorsqu’elle atteint, au cours de la semaine, une personne de mon entourage et son enfant en garderie et une adolescente active sur Facebook.

Parce que cet enfant est beau, qu’il a du talent, qu’il écoute les consignes et s’applique dans son travail : il est raillé par ses camarades en garderie.

Pire, un enfant sabote la concentration d’un autre, en lui prenant le coude lorsqu’il peint ou commence à dessiner les lettres de l’alphabet, parce que son application et son envie de bien faire est jalousée.

Et on le dénonce s’il n’a pas été parfait dans l’exécution d’un projet.  On se moque de lui. 

Je crois que des situations semblables ont été vécues par des milliers de personnes.
Là où nous avons été et sommes fautifs, c’est de ne pas en avoir parlé.

D’avoir laissé ces situations comme un secret honteux  plutôt que de les étaler au grand jour.

Si bien que, nous nous retrouvons avec un très grave problème sociétal, pas unique au Québec, mais que nous croyons nouveau parce que la dimension virtuelle prend une forme soudaine de nouveauté. Ce n'est pas la première fois que j'écris là-dessus sur ce blogue. 

C’est maintenant chose courante que de commencer à dénoncer cela.

Est-ce qu’on a trouvé des solutions pour enrayer ce phénomène d’intimidation à l’école, avant qu’il ne prenne une autre forme, que plusieurs professionnels connaissent, dans les milieux de travail, ? Il y a bien cette publication du MELs sur l'intimidation.  

Et oui! Ça commence à la garderie avant de se retrouver sur les lieux de travail.

« … la moindre étincelle suffit à faire crever l'abcès de responsabilité collective, tout comme le moindre corps projeté dans une solution diffuse provoque une cristallisation fulgurante. »


Les formes d’intimidations sont multiples. Elles peuvent prendre plusieurs formes, entre autres, celle de non collaboration du partage ou du travail en équipe de crainte de se faire piquer son idée, son savoir faire, etc.


L’école que fréquentait la jeune fille : « l'école Gabriel-Le Courtois a adopté depuis un programme pour régler les conflits avec les personnes en autorité, ceux reliés aux relations amoureuses et à l'intimidation. »

Qu’en est-il des autres écoles? 

Je n’ai pas vu passer d'annonces de plans d'action mis sur pied dans toutes les écoles du Québec qui sensibilisent les enfants dès la garderie à ce que sont la jalousie, l’envie ou la méchanceté. Et appelons un chat un chat, l'éducation a un rôle à jouer dans l'interprétation des mots au sens  propre. 

Parents et éducateurs savent qu'il faut sensibiliser les enfants à la jalousie envers autrui en même temps que leur faire comprendre le principe de projection et les niveaux d’interprétations possibles dans un contexte de confrontation: j’ai toujours cru que le problème des guerres fratricides (humains) n’était autre que celui du pouvoir et de l’interprétation.

Mon expérience en 4 paragraphes : Lorsque je suis arrivée au Québec, bien sûr que j’avais un accent plutôt français puisque, au Maroc, j’avais fréquenté  les écoles privées françaises. A mon arrivée, à l’âge de 12 ans, j’avais déjà étudié Voltaire, Molière, Racine, Jean-Jacques Rousseau, Lamartine, Victor Hugo, etc.

Si bien que je me souviens des railleries des enfants autour de moi : « lâche donc ton Os… d’accent « franças », et arrête de « perler » avec des mots qu’on comprend pas. 
Mautadine…» Parenthèse, j’ai toujours pensé que les sacres québécois servaient de signe de ponctuation : la virgule, le point ou le point d’exclamation, etc. J

Je riais devant eux. Mais je me souviens d’en avoir été si affectée que je m’efforçais de penser les phrases et les mots avant de les exprimer pour leur trouver une consonance plus adaptée au vocabulaire de mes amis et amies, pour avoir l’air « moins précieuse » comme disaient certains. Ce qu’on appelle l’intégration ou l’assimilation, c’est selon. :-)

Pire, je m’efforçais, première de classe, de faire des erreurs dans mes devoirs ou mes exposés pour ne pas attirer l’attention sur ma personne. Éloigner les « spots » comme on dit et passer en dessous du radar. 

Fin de mon expérience personnelle que j’ai décrite ici pour souligner nos responsabilités dans le silence. Et démontrer à l'adolescente, qui m'a avoué s'efforcer de faire des fautes sur Facebook pour ne pas provoquer les railleries de ses camarades, que le problème ne date pas d'hier et qu'elle peut en parler... et surtout qu'elle écrive de la manière dont elle le souhaite et qui lui plaira, quitte à passer pour une "nerd ou une geek de la langue française". 


L'excellence vaut de l'or n'en déplaise aux médiocres susceptibles de s'en moquer. 

Rassurez-vous, je me suis assumée depuis, avec tout mon bagage transculturel sur le dos. Et toujours avec l’accent plus ou moins « francas », collé à la voix, après plus de 40 ans de Québec.

J'en connais qui ont demandé à leurs parents d'étudier dans les écoles anglaises parce qu'ils en avaient assez d'entendre les camarades se moquer de leur accent plutôt français de France. 

Et je seconde ce questionnement :

« Pourquoi la débilité des débiles est-elle devenue un fait de culture alors que le fait bien plus épouvantable de la bêtise ordinaire ne bouleverse personne?»

De Jean Baudrillard, extrait du Cool Memories, 1980 – 1985.

Je suis consciente d’être hors d’ordre et surtout hors sujet. Et que nous savons tous que les rapports humains sont de plus en plus difficiles ici au Québec, je rectifie: peut être un peu moins ici qu’ailleurs.

Mais cette histoire tragique du petit rappeur Matteo et de l’enfant de mon entourage, intimidé cette semaine à la garderie, m’ont interpellée et, je dois l'avouer, j’en ai eu assez d’entendre parler du zèle et du manque de discernement d’un employé de l’Office québécoise de la langue française (OQLF).

Institution que je respecte au plus haut point. 
D’autant que je sais que de nombreux jeunes qui travaillent et

vivent de leur écriture utilisent les indispensables  et parce

que, comme le dit si bien mon amie Nathalie Roy, le livre le

plus important de votre vie sera encore et toujours... un 

dictionnaire :



ETC.