lundi 5 novembre 2012

IT'S THE COOPERATIVE, STUPID !

Clinton avait remporté les présidentielles de 92 avec ce slogan :  It's the economy , stupid !   Juste  retour des choses. 

Si les 300 plus grandes coopératives du monde formaient un pays 

 les 750 millions (1 milliard selon certains) de membres 

 les 1926 milliards de dollars investis 

 elles constitueraient la 9e économie mondiale et …

 la plus grande démocratie du monde.


Ces chiffres se retrouvent dans l’une des études réalisées pour le sommet international des coopératives par l’Institut de recherche pour les coopératives et les mutuelles de l’Université de Sherbrooke (IRECUS).
J’ai choisi volontairement ces chiffres en guise d’introduction à ce billet ainsi que cette vidéo.
Ça aurait pu être ma conclusion.
Sur youtube, vous ne le regretterez pas… la culture et les banques … A visionner: collectif qui dénonce les mauvaises pratiques bancaires
Flo6x8 est un collectif qui dénonce les mauvaises pratiques bancaires en organisant devant ou dans les banques des performances de chant et de danse flamenco.
La coopérative: une voie discrète vers la démocratie

 Lorsque, vers la fin du mois de juillet, j’ai obtenu le mandat d’organiser la salle de presse pour le Sommet international des coopératives 2012 qui devait se tenir à Québec,  du 8 au 11 octobre, j’étais certaine, que nous aurions la salle de presse internationale la plus enviable jamais organisée pour un sommet international. Je me suis trompée.
Croyez-moi de cadre stratégique communicatrice professionnelle, je suis passée à la sollicitation téléphonique.
J’ai passé mes journées à essayer de convaincre toutes les agences de presse internationales, les journalistes les plus influents de la planète et ceux spécialisés dans les secteurs économiques et sociaux, que l’avenir économique des citoyens et des organismes du monde sera de croire, d’investir et de s’impliquer dans un organisme coopératif ou mutualiste. D’autant que nous avions réuni dans un même lieu les plus grands penseurs, prix Nobel et économistes internationaux sans compter les représentants de coopératives et de mutuelles modèles.
Au point où je me suis mise à rêver pendant mon sommeil en anglais, en espagnol, en italien, en portugais, en arabe et de me réveiller brusquement parce que la langue entendue dans les bras de Morphée en était une totalement étrangère à celles que j’ai l’habitude d’entendre.
Chaque jour, découragée de constater que, ce qui représentait  pour le milliard de personnes, l’avenir économique de la planète,  et j’y crois, ne soit pas plus pris au sérieux que cela alors que, tous et toutes sommes conscients des conséquences désastreuses du capitalisme.
Chaque jour, des centaines d’articles, statistiques à l’appui, à l’échelle internationale viennent corroborer et surtout rapporter les grognes des citoyens dans les rues.
Dans de nombreux pays, les populations ont pris d’assaut, casseroles en mains, les principales rues pour exprimer leur désapprobation auprès des gouvernements, des dictateurs ou même des individus corrompus et ainsi signifier que l’étouffement économique  est devenu leur lot quotidien.
Que les médias se concentrent encore et toujours sur les manifestations publiques qui dénoncent le capitalisme sauvage. D’accord.
Qu’ils utilisent du temps d’antenne si précieux pour identifier le nombre de participants et la violence de certaines têtes brûlées,  qui agissent au nom de l’anarchie? Passe encore.
Mais… que plusieurs d’entre eux et les plus significatifs s’emploient à ne pas s’intéresser au fond du problème multiplie l’indécence et le mépris des riches envers la classe moyenne et pauvre de nos sociétés. Grande déception. Les médias sont encore les porte-voix les plus efficaces. Cela aussi j’y crois.
2800 délégués venus de 91 pays ont participé au Sommet international des coopératives 2012!  Toute une manifestation ! Qui aurait mérité autant d’attention que les manifestations dans les rues. Sinon plus.
Fort de la reconnaissance des Nations-Unies qui avaient décrété que 2012 devait être L’année internationale des coopératives 2012 et conscients que les citoyens du monde arabe, des pays d’Amérique latine et centrale, de l’Europe, de l’Amérique du nord, Australie, etc. le sujet aurait dû frapper! Je ne suis pas certaine que le message soit passé partout sur la planète où les injustices font rage.

Dame Pauline Green
Selon Dame Pauline Green, présidente de L’Alliance coopérative internationale (ACI), un des trois hôtes du Sommet, la solution passe par les coopératives parce qu’il y a un milliard de membres à l’échelle internationale. Elle s’inquiète « Cependant,  de la crise économique et de la récession qui secouent de nombreux pays. Qui pis est, elle constate que, malgré le fait que les coopératives affichent un meilleur rendement que les banques traditionnelles, aucune n’est présente au conseil de la Banque mondiale ou au B20, un événement économique à part entière du Sommet du G20. »
Ceci pour les banques. Mais qu’en est-il dans les autres secteurs?
C’est que les coopératives sont encore associées au domaine agricole alors qu’elles investissent toutes les sphères d’activités comme nous l’ont démontrées les nombreux intervenants venus y présenter les développements et ce, dans domaines aussi insoupçonnés, que les  coopératives funéraires,  par exemple.
 « Une recherche  internationale  (Canada, Japon, Royaume-Uni, France et Argentine) d’Ipsos et de la chaire de relation publique et marketing de l’UQAM montre par exemple que les répondants associent souvent les coopératives à l’agriculture et aux localités rurales et qu’elles sont rarement à la fine pointe de la technologie et de la R&D… »
 « Nous avons observé que le modèle coopératif est particulièrement efficace pour harmoniser les opérations et mobiliser les employés car il crée un fort sentiment d’engagement et favorise le partage de valeurs communes, a commenté M. Éric Lamarre, associé directeur et responsable de la pratique canadienne de McKinsey & Compagnie, firme d’experts-conseils.
Le récent rapport de la firme démontre que nombre d’idées préconçues sur les coopératives sont non fondées. L’écrivain et journaliste Andrew Bibby explique les conclusions de ce rapport.
« …c’est un moment crucial pour le mouvement coopératif. Le monde a besoin d’entreprises éthiques qui se soucient de leur rendement social, environnemental et économique et qui ont une stratégie de développement à long terme. »
McKinsey a également analysé la performance organisationnelle des coopératives par rapport aux autres modèles opérationnels. L’étude suggère que les coopératives réussissent à mobiliser leurs employés, qui prennent à cœur l’intérêt supérieur de l’organisation.


Rethinking Government Assistance: Dominic Barton
Dominic Barton, directeur général mondial de McKinsey & Company :
« Le temps est venu de célébrer et de promouvoir le modèle coopératif », a-t-il affirmé à l’auditoire. Il en appelait à un changement de perspective dans le monde des affaires, incitant tout un chacun à s’intéresser à la valeur partenariale de l’entreprise plutôt qu’à la simple valeur de ses actions.
… « Ce capitalisme trimestriel n’entraîne pas de bons résultats. La pression du court terme est toxique… »
Il a critiqué fermement l’approche à court terme des entreprises traditionnelles condamnées à produire, de trimestre en trimestre, des résultats pour plaire aux actionnaires.


Photo: Archives Desjardins

Mme Monique Leroux, présidente et chef de la direction du mouvement Desjardins, un des trois hôtes du Sommet, a ainsi invité Québec et Ottawa à prendre acte des recommandations qui ont été formulées en conclusion du sommet :
« Nous voulons que les gouvernements reconnaissent la pleine valeur du modèle coopératif, notamment en adoptant des lois en ce sens. »
Le 11 octobre 2012, les trois cohôtes du Sommet international des coopératives 2012 ont fait connaître leur Déclaration commune.
Cette déclaration a été présentée à Manchester à la fin du mois d’octobre lors d’un grand événement organisé par l’Alliance coopérative internationale (ACI), puis elle sera acheminée d’ici la fin de l’année 2012 à l’Organisation des Nations Unies par Mme Monique Leroux, une nouvelle ambassadrice de la société civile du Québec.
  Les jeunes et le développement durable

Laure Waridel – Photo Danièle Francis
Retour au sommet au cours duquel,  je rencontrais dans les couloirs du centre des congrès, Laure Waridel, co-fondatrice d’Équiterre, qui compte parmi les 25 jeunes canadiennes qui changent le monde.
Consciente que c’est l’économie qui mène le monde,  elle a déclaré que les jeunes qui se lancent en affaires, devraient développer plus de réflexe et se tourner vers les coopératives. Que via les réseaux internationaux les jeunes hommes et femmes d’affaires devraient partager les bons coups de leurs coopératives, les répéter et échanger sur les mauvaises pratiques pour les éviter.
Sa plus grande préoccupation a été d’insister sur le fait que les coopératives ne devraient pas devenir si grandes et si imposantes qu’elles perdraient contact avec les citoyens. Faire partie du monde et faire de petits pas comme elle l’indiquait si justement :
« Réaliser qu’on a le choix. Souvent on pense qu’on n’a pas le choix. Tout est possible, surtout quand on le fait ensemble. On doit aussi y aller à petits pas. En effet, quand on voit une montagne, cela nous apparaît comme une mission impossible. Par contre, c’est en y allant petits pas à petits pas qu’on arrive à monter cette montagne. Et quand on y arrive, on a la piqûre et il devient facile de dépasser nos limites. La notion de plaisir est primordiale. L’engagement rend tout simplement heureux et rapporte tellement tant à l’individu qu’à la communauté. »
Participer mais comment?
posait la question Giovanni Allegretti, dans un article publié dans le
Monde Diplomatique  du mois de septembre 2012.
« Pour évaluer l’intensité de l’interaction entre habitants et institutions, la sociologue américaine Sherry Arnstein a élaboré en 1969 une « échelle de la participation », représentant la capacité de produire de l’empowerment — autrement dit d’offrir de nouvelles connaissances et, en même temps, de donner aux citoyens le pouvoir réel de décider (3). »
Participer aussi en faisant de l’ « altruisme opportuniste » ou de l’ « opportunisme altruiste », expression, qui en a surpris plus d’un et utilisée par Jacques Attali, économiste, écrivain et philosophe, à Québec.
… « Pourtant, au Nord comme au Sud, bien des gens ne se contenteront pas longtemps d’avoir pour projet la préservation de leurs acquis : ils les savent menacés par la crise financière, qui ne fait que commencer, par le déclassement qui en découle, par le déferlement de concurrents et de valeurs venues d’ailleurs, ou par la destruction de la nature. Ils voudront un idéal plus grand. »…
 … Cette nouvelle forme d’idéologie s’exprimera dans un optimisme internationaliste, soucieux d’apprendre en partageant. »
Et former ainsi la plus grande démocratie du monde!

Quelques liens significatifs :
Le prochain sommet aura lieu en 2014 à Québec.
Le sommet international des coopératives 2012 : Sommet international des coopératives 2012
La déclaration – La déclaration du Sommet
Les documents : Les documents et les études
Décider : Comment démarrer une coopérative : Démarrer une entreprise
Un article lié au développement durable : Responsabilité sociale des entreprises
Coop Canada : Coop Canada Accelerator
10 raisons pour lesquels le prochain sommet devrait se tenir à Québec: 10 Reasons why the second summit should be held in Quebec City

Changer de système économique : Les-5-preceptes-d-indignez-vous-de-stephane-hessel
« L’actuelle dictature internationale des marchés financiers (…) menace la paix et la démocratie. » Dans Indignez-vous, l’auteur met en cause notre système économique, dénonçant les écarts de richesses grandissants. Nous n’avons pas su, constate-t-il, tirer les leçons des erreurs de la crise économique, pourtant dévastatrice. « L’écart entre les plus pauvres et les plus riches n’a jamais été aussi important: et la course à l’argent, la compétition, autant encouragée. » Et de proposer comme alternative que « l’intérêt général » prime sur « l’intérêt particulier », et le « juste partage des richesses créées par le monde du travail » sur le « pouvoir de l’argent ».
Jacques Attali : La-leçon-norvegienne

L’auteure de ce texte tient un blog sous : evelyneabitbol.com

(1)  Clinton avait remporté les présidentielles de 92 avec ce slogan :  It’s the economy , stupid !   Juste  retour des choses.









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 Ces chiffres se retrouvent dans l’une des études réalisées pour le sommet international des coopératives par l’Institut de recherche pour les coopératives et les mutuelles de l’Université de Sherbrooke (IRECUS). La suite.
La suite :        Sur le blog de ViceVersa Mag