jeudi 29 janvier 2015

Enfants de la Shoah

J'aimerais que ceux et celles antisémites et islamophobes qui se sont permis des propos innommables sur les médias sociaux, sur les Juifs assassinés pendant la tuerie "Charlie Hebdo" sur mon mur Facebook, en public ou en privé, écoutent ces émissions plus bas proposées et lisent le texte sur Émmanuel Lévinas.

Surtout ceux et celles qui ont déclaré et je les cite:  que "les Juifs et les Musulmans détenaient le monopole de la victimisation." 


Quand on veut faire l'autruche... et que  notre haine... surpasse notre amour du prochain... quand notre haine est viscérale... gratuite...


Oui... Des millions d'enfants sont morts pendant la Shoah, deux millions? Un million cinq? Allez dire à ces enfants et aux familles qui ont été témoins et qui ont survécu qu'ils victimisent. 



Regardez-les dans les yeux, regardez leur visage et dites-leur qu'ils victimisent. 

Ma grand-mère maternelle, l'Allemande comme on l'appelait, a perdu son frère pendant l'holocauste. On ne sait rien du reste de sa famille... Elle ne s'en souvenait pas... Elle était orpheline... personne n'en parlait. Toujours resté vague. 



C'était la personne la plus rigolote, la plus gaie, la plus aimante, la plus ouverte que j'ai connue dans ma vie...

Celle qui, la première a accepté dans la famille, mon mariage avec un Québécois catholique... et qui a accepté le reste de ma vie de rebelle. En riant toujours de mes mauvais coups.


La bêtise humaine restera la bêtise. Point. Une bêtise banale mais destructrice.


 Comme le disait si bien Emmanuel Levinas... À l'époque de la Shoah, le visage a été oublié... 


"Le visage d'Autrui interpelle le sujet et met à mal l'égoïsme du Moi. Pour Lévinas, c'est ce qui ne se voit pas, le non descriptible du visage d'autrui qui, comme trace de l'invisible, exige la responsabilité.


L'Autre me met en question, il me dérange comme trace d'un décalage structurel.
La trace, c'est l'espace entre la perception d'un objet, un visage, et le soupçon qu'il y a (peut-être !) un sujet derrière ce visage. "

Un million cinq, deux millions ce sont des chiffres.


Chacun de ces enfants avait un visage. Des yeux. Une âme. 


A tous ces enfants qui ont perdu leur visage pendant la seconde guerre mondiale.


Immense devoir de mémoire!







Textes à lire et émissions à regarder...

Une émission leur est ici concacrée.  Écoutez-la... ce sont les enfants survivants qui parlent. Ils ne victimisent pas. Ils parlent.  


Sur Patrick Modiano qui consacre à Dora Bruder et aux enfants perdus ... des textes splendides.


Marceline Loridan-Ivens est l’une des dernières survivantes d’Auschwitz encore en vie. Elle a témoigné sur France Inter, sans mâcher ses mots. Entrevue avec une survivante: Vous croyez qu'on serait descendu dans la rue, il y a quinze jours, si on avait assassiné que des Juifs?


A. Wieviorka : "Si on regarde la presse de l'époque, le 27 janvier est un non-événement médiatique"