dimanche 18 mai 2014

LE JARDIN D'ÉDEN


Quand la réalité dépasse la fiction et que notre pensée s’attarde puis se fixe, trois mots viennent à l’esprit : souffrance, violence ou naïveté. Plus bas dans ce texte deux portions de réalité.

Jeudi 15 mai 2014. Deux films étaient à l’horaire de l’ouverture du Festival du cinéma israélien de Montréal - 9e édition.
Les films sont sous-titrés en français contrairement à la bande annonce plus bas. 


 Le premier film, Le Jardin d’Éden … 


est un joli film d’eau qui se passe autour de Gan Hashlosha, un des parcs les plus populaires en Israël. Dans ce parc, une source est aménagée; 500 000 visiteurs viennent s’y baigner chaque année. Les saisons se déroulent au gré des aveux de ceux qui y travaillent ou de ceux qui viennent se ressourcer ou se purifier. C’est selon.

Les histoires/capsules de vie racontées sont empreintes de nostalgie d’un Israël des pionniers dans les Kibboutz, de la perte d’un mari, d’une femme, d’un enfant ou de l’autre patrie d'une lointaine origine (Allemagne, Ouzbékistan, Brésil, etc.), d’un amour : celui entre une Juive et un « arabe »… ou du jeune Palestinien qui projette un départ au Canada et qui partage son impression d’être… une bulle dans un ghetto. Tous rêvent d’un monde meilleur. Des  baigneurs aux membres du personnel, les histoires s’entrecroisent.

Dans le Jardin d’Éden, les portraits sont intimes, l’eau pacifie tandis que le sauveteur répète à tue-tête qu’il est dangereux de sauter du haut des rochers.

Le deuxième film Kibor, est une étonnante « fiction » qui prend la liberté de critiquer et de ridiculiser quelque peu le Mossad, l’une des trois agences de renseignement d’Israël. Une « fiction » comme l’a répété, à plusieurs reprises entre deux rires et en martelant que le film ne dépeint pas la réalité, le Consul d’Israël, venu inaugurer le Festival. Ce dernier a fièrement signifié que 6 productions étaient présentées au Festival de Cannes dont 4 films sur 5 (il n'était pas certain du chiffre) sont réalisés par des réalisatrices.

Un très bon moment passé en compagnie des agents "en action":




Alors que les images étaient encore toutes très fraîches…

Première réalité : Mercredi soir très tard, 24 h avant l’ouverture du festival, j’allais chercher mon cousin germain louisianais à l’aéroport.
Sa mère, sœur de mon père, avait rencontré un pilote américain pendant la seconde guerre mondiale au Maroc. Elle s’était convertie au catholicisme, changeait son prénom et se maria avec son beau pilote. Elle mit au monde 5 garçons dont des jumeaux.

Un jour, je raconterai l’histoire invraisemblable de l’un d’entre eux.
Tiens. Et si je prenais quelques minutes pour en raconter une partie. La sœur de mon père s’appelait Rachel. En se convertissant, elle adopta le prénom, Renée.

L’un des jumeaux eut un jour une première fille qu’il appela Rachel. Puis une seconde qu’il appela Hannah.
Il donnait ainsi sans même s’en rendre compte, à ses deux filles, le véritable prénom de sa mère et le prénom de sa grand-mère, notre grand-mère, mon prénom en hébreu : Hannah.
Plus tard. Bien plus tard, à la mort de sa mère, il apprit l’histoire de ces deux prénoms, qu’il avait choisis « par hasard ».

Au cours de la journée de jeudi, Steve me raconta l’histoire de son frère et de ses deux filles, puis m’introduisit à l’histoire de son père. J’en connaissais une partie que j’avais découverte alors que je rendais visite à la famille en Nouvelle-Orléans. Il y avait, accroché sur un mur de la salle de séjour, deux pages du New York Times laminées et dont le titre était : Les descendants directs d’Isabelle la Catholique vivent en Louisiane.
Celle-là même qui expulsait les Juifs d’Espagne… et qui a probablement expulsé nos ancêtres. Les siens aussi. 

Or, c’est jeudi dernier que j’ai appris la suite des recherches effectuées sur la généalogie de la famille, depuis la parution de ce fameux article du New York times.

Mes cousins germains sont liés au Duc de Medina et à Saint-Dominique de Séville. Preuve à l’appui et choc à la fois.

A ce propos, voir le film qui sera présenté en clôture : Le Métis de Dieu...

Entre temps, suivez Le calendrier des films à voir ...



Deuxième réalité  : Pendant la nuit de jeudi à vendredi, notre petite cousine Jessica (20 ans) a quitté notre monde de façon brusque et tragique. 

Jessica, c’était la plus jolie et la plus douce des petites cousines. Celle qui avait des yeux si verts et si transparents qu'on avait la sensation qu'elle jetait toujours un regard clairvoyant sur les gens qui l’entouraient, que rien ne lui échappait. 

Choc et Cauchemar dans la famille.  

Je voudrais pour toi Jessica, un Jardin d’Éden.