samedi 8 septembre 2012

TWITTER - LA SECONDE VIE

Je ne suis pas une personnalité publique, ni une artiste, ni une vedette. Je suis une simple citoyenne de la classe moyenne qui gagne sa vie comme conseillère stratégique en communications .

Ceux qui me connaissent personnellement savent que je préfère rester
dans l'ombre, observer ce qui se passe, analyser l'actualité entre
amis et mieux, donner des munitions en privé à ceux et celles qui exercent leur métier sur la place publique.

J’ai fait tout le contraire au cours des dernières semaines. J’ai écrit sur mon blogue, j’ai pris position politiquement alors que, depuis 1993, je me suis efforcée « de me reconstruire une virginité politique », je me suis affichée.

Ce sont les jeunes qui m’ont forcée à sortir de ma caverne. Je l’ai déjà raconté. La suite...

J’ai travaillé autrefois à l’université Concordia. Malgré le fait que j’ai fait partie de l’administration, je suis toujours restée près des jeunes étudiants et étudiantes. Oui. Même près des étudiants palestiniens.

Au cours des dernières années, mon travail m’a amenée à rencontrer Jean Charest, Raymond Bachand, Christine Saint-Pierre, Michèle Courchesne, Kathleen Weil, Laurent Lessard, Pierre Moreau, Line Beauchamp, etc. Des personnes de grande qualité pour lesquels j’avais beaucoup d’estime jusqu’au moment de la crise étudiante.

Je ne travaillais plus à l’université lorsque les bouleversements, annoncés, ont débuté. Dès les premières expressions des jeunes, je savais que ces derniers disaient juste! Qu’il fallait repenser le système et la gestion universitaire dans son ensemble : des abus, des infiltrations par intérêt, de la recherche libre, etc.

Je ne pouvais pas rester témoin sans broncher. Et voir se faire
tabasser soir après soir les jeunes... comme s’ils étaient de vulgaires fauteurs de trouble.
Tout d'un coup, ces politiciens que j'avais côtoyés, perdaient mon admiration... sauf peut être Line Beauchamp et Kathleen Weil.

Au début de la crise étudiante, je tweettais une ou deux fois par
semaine sinon moins.

 Et plus la crise étudiante s'est imposée plus la tentation d'exprimer publiquement mon désaccord s'est confirmé. Plus je me suis mise à tweetter.

 Au mois de juin dernier, je n’avais que 150 à 200 abonnés.

Au moment où j’écris ces lignes, j’en suis à 985.

Je voudrais par ce texte vous remercier presque personnellement…

@salwamajouji a été la première personne à me retweeter. Je déplorais les crimes d’honneur et la sauvagerie de ceux qui les exercent en faisant référence à  l’affaire Shafia. Par la suite, Salwa et moi nous sommes rencontrées par hasard à la Société des arts technologiques [SAT]. C’était une très belle et trop brève rencontre.

En 1996, j’écrivais un article sur la dépendance des « chats » sur le web dans un magazine suisse et Québécois : Planète internet et j’accordais quelques entrevues sur le sujet, entre autres, à TV5.

L’année suivante, je tenais une chronique radio à la première chaine de Radio Canada : les Humanités sur Internet.

Ce rappel pour vous rassurer. Je ne viens pas de découvrir le « phénomène échange sur le web ». Je ne viens pas tout juste de me retrouver de l’autre côté du miroir déboussolée.
Vous avez tous accompagné mes dernières semaines par vos réflexions spontanées, certaines brusques, d’autres interrogatrices…

J’ai découvert une artiste gaspésienne @edithjolicoeur avec laquelle j'ai eu des échanges privés délicieux sur la vie, la bouffe, l'art et sa fille.

Un jour, il y a eu ce tweet fight avec @leveillerenart à propos du nazisme. Lui, m’a donné du fil à retordre en parlant du signe hitlérien fait par certains étudiants lors des manifestations. J’ai fortement réagi, lui aussi. Je lui expliquais la Loi de Godwin et ses effets sur les échanges qui risquent de déraper rapidement. 
Nous avons arrêté la conversation pour mieux la reprendre sur un autre sujet et sur un autre ton, il y a quelques jours.

Puis, Il y a eu @catherine (je ne retrouve pas son pseudo) qui m’a suggéré le beau livre qui m’a accompagnée pendant quelques jours, celui de @samuelarchibald que @mtremblay2010 m’a prêté. M. Tremblay s’est déplacé et j’ai échangé le livre « Arvida » pour celui de Michel Onfray, « Le Crépuscule d’une idole », l’Affabulation freudienne. Aucun rapport entre les deux livres.

Il y a eu aussi les conversations avec @mariejoseenoel1 sur Hannah Arendt, celles sur le Parti québécois avec @polnicol qui m’a retweetée plus vite que son ombre si bien que je ne parvenais pas à la remercier… de me mettre en garde contre certaines personnes tendancieuses et radicales abonnées sur le fil qui m’adressaient des messages directs. 
Ensuite, il y a eu les tweets du Parti québécois repris par @lamoureuxnicole que je suivais pour savoir ce qui se passait de ce côté-là.

Les échanges avec @DomAnglade que j’ai rencontré personnellement pendant la campagne. Elle aurait fait une députée assez exceptionnelle (même au sein de la CAQ). Dommage, ce n’est que partie remise, comme elle le dit si bien.

Des échanges aussi en privé avec ceux et celles, juifs de mon fil,  pour me demander comment il se faisait que « j’étais si près des Québécois et si éloignée du judaïsme. ». M’obligeant encore à expliquer l’inexplicable ou l’inconcevable pour certains : la différence entre la laïcité et la religion.

Les musulmans qui me félicitaient pour mon ouverture… ceux qui m’ignoraient alors que je leur tendais une perche amicale.

Par ce texte, je ne voulais pas parler des vedettes ou artistes et personnalités publiques car leurs témoignages sont abondamment repris par les médias traditionnels alors qu’à mon humble avis, des perles inédites sont écrites par monsieur et madame tout le monde.
Mais, je ne peux passer sous silence les échanges directs que j’ai eus avec le magnifiquement passionné et #belhumain @DavidLaHaye.

Puis, il y a eu la non-moins magnifique @LLatraverse que je ne connais pas personnellement qui citait un auteur libanais et à qui je présentais la poétesse Miranda, s’en suivis quelques échanges parfois autour d’un ami commun ou de la chanteuse Barbara.

Ma rencontre, le temps d’un tweet ou deux avec @guyalepage autour du jardin du Luxembourg et du parc Lafontaine. Je ne manquais aucune émission de #tlmep je l’écouterai différemment. #respect

Et la lecture des réflexions de @laportestephane dont je lirai avec encore plus de plaisir, si c’était possible, les chroniques dans la Presse, cernant mieux le #belhumain qu’il est aussi.

Les retrouvailles avec mes professeurs tant aimés de poésie et de littérature @ClaudeBosoleil et @yolandevillemai
Quelques-uns qui ont alimenté ma réflexion :
@pierrepoutine @danielthibault @risque_et_vie @jocelynerobert @Mésange 04 @laplamic, et les autres… 

 Et @Beatricelapaix qui me faisait réagir et
respirer profondément par le nez pour ne pas lui répondre… négativement.

Il y a eu aussi quelques secondes de rencontre physique avec un certain chroniqueur connus des médias écrits que j'admirais pour son intelligence que j'ai observé lors d'une assemblée politique, cherchant à se faire reconnaître d’abord par la foule en attente d’entrer dans le Métropolis, gonflé par la même adrénaline qu’il reprochait aux personnes en dérive et faisant des amalgames insensés dans leur expression libre sur les médias sociaux. 

Comme si cet espace ne devait appartenir qu’à une certaine élite. Et comme si tout le monde était en quête de reconnaissance ou de minutes de gloire.
Nombreux sont ceux et celles qui prennent plaisir au dialogue ou aux échanges d’idées. Tout simplement.  

Grâce au hasard ou au bazar de toutes ces rencontres, j'ai changé d'avis sur la twittosphère et sur sa fréquentation que j’avais d’abord perçue comme étant uniquement le lieu d’étalage de vie, de bouffe et d’achats des gens riches et célèbres.
Oui. Il y a aussi ceux-là. Et nous aimons, avouons-le, connaître leurs coups de cœur pour un restau, un vêtement, un parfum, une rencontre, etc.

Il y a surtout ceux et celles, personnalités publiques qui se dévoilent et échangent volontiers avec des illustres inconnus. #reconnaissanceàceuxlà

Je n'ai rencontré qu'une personne agressive au cours de mon périple dernier et une autre, un homme subtilement méprisant envers les femmes.

J’ai été surtout étonnée de constater à quel point il était simple de décoder la personnalité de quelqu’un ou quelqu’une cachée derrière 140 caractères et un minuscule avatar.

Merci à vous tous, mes 985 abonnés twitter! Je vous suis.

#reconnaissante! Des échanges que nous avons eus pendant cette intense mais enrichissante campagne électorale. 



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