vendredi 6 juillet 2012

HARCELEMENT MORAL, POLITIQUE ET OPPORTUNISME


Le harcèlement moral ou psychologique dans les compagnies, dans les entreprises ou les sociétés, consiste à écœurer les employés jusqu’à ce qu’ils craquent et décident de s’en aller.
Si cette dernière personne ne s’en va pas et subi, alors ce harcèlement va en crescendo pour ne pas dire en rinforzando jusqu’à en faire une victime objet.

Pourquoi précisément cette personne plus qu’une autre? Il n’y a pas vraiment de règle ni de portrait robot à faire ici. Pour tracer quelques grandes lignes,  parce que cette personne était là et qu’elle a eu le tort de se laisser séduire.

Ça s’appelle de la perversion. Et c’est de la violence perverse au quotidien. Des centaines de milliers de personnes subissent un type ou l’autre de harcèlement sans que personne n’intervienne,  puisque parfois l’évolution a lieu dans la zone la plus fragile, celle des non-dits. Où l’Omerta s’est installée. La suite..,.
Il en existe plusieurs formes et comme le décrit si bien Marie-France Hirigoyen, psychiatre et psychanalyste, dans son livre « Le Harcèlement moral », mais toujours la même tactique.

Je relisais au cours des derniers jours ce livre passionnant après qu’un ami m’ait dit que les syndicats avaient ruiné les économies dans les pays démocratiques. Il s’en est suivi une conversation, vous vous imaginez bien, assez passionnée sur le sujet.

J’étais très jeune lorsque j’ai connu les chefs syndicaux qu’étaient Marcel Pépin et Louis Laberge. Je n’ai pas connu Yvon Charbonneau.

J’ai vu le Québec changer à cette époque. Je le découvrais en même temps que ces changements se produisaient. J’ai entendu les coups de gueule de Michel Chartrand et j’étais sidérée par cette liberté d’expression hors du commun :
« Il est et restera le symbole d'un peuple qui n'a jamais accepté de fermer sa gueule… »
— Fernand Foisy, Michel Chartrand : la colère du juste, 1968-2003

Petit clin d’œil d’humour : Je pensais que le Québec c’était ça! Je voyais cette société arborer avec dignité les ceintures fléchées tissées, et disons-le,  pas encore métissées. Elle s’est transformée depuis.

Je n’ose pas même imaginer un pays qui ne permette pas la syndicalisation de ses employés, qui la critique ou même la remette en question. 

Nous aurions droit à des abus de toutes sortes (copinage, abus de pouvoir, harcèlement, intimidation, etc.) et le bureau des normes du travail se transformerait en annexe des ailes psychiatriques des hôpitaux. Un recul inimaginable.  

Pour qu’il y ait des abus d’un côté de la barrière, ai-je expliqué à l’ami, il faut nécessairement qu’il y ait abus de l’autre côté. 

Le balancier, toujours le balancier de la justice intrinsèque.

Simone Veil, philosophe française, avait déjà écrit et je la cite de mémoire que la contradiction essentielle de la condition humaine, c’est que l’homme est soumis à la force et désire la justice.

Au cours des derniers mois, en écoutant les députés à l’Assemblée nationale s’invectiver, se balancer des attaques personnelles, se fâcher (croyez-le ou non, j’ai écouté les débats en différé - faut le faire!), je repensais au rôle de gestionnaires de l’état que nous souhaitions de la part de nos gouvernements et du rôle d’intermédiaire et de porte-parole que nous attendions d’eux.

Je n’aimais pas ce que je voyais. 

J’aime ce pays. Je le trouve civilisé. Son peuple courtois et ouvert. Je ne retrouvais pas à l’Assemblée nationale le reflet de ce peuple poli et courtois.

Je repensais aux assemblées de cuisine, que nous organisions pendant les campagnes électorales qui étaient, autrement plus courtoises, bien que nous rencontrions souvent des gens qui ne partageaient pas la même opinion, ni la même allégeance politique mais qu’il fallait tout de même convaincre.


Il était étonnant d'écouter monsieur et madame tout le monde faire parfaitement la différence entre imposer le pouvoir par supériorité (? divine, intrinsèque?) et prendre le pouvoir pour faire avancer les dossiers vers une meilleure gestion et un meilleur équilibre de la répartition des richesses. 

En relisant donc le livre de Marie-France Hirigoyen, je tombais sur le chapitre de la communication directe, dont les intertitres sont : 
refuser la communication directe, déformer le langage, mentir, manier le sarcasme,
la dérision, le mépris, user du paradoxe, disqualifier, diviser pour mieux régner, imposer son pouvoir.

Ça sonne une cloche?

Beaucoup de monde subit cette communication perverse qu’est le harcèlement moral que ce soit au travail ou dans leur foyer. 

Nous n'avons pas besoin de donner le pouvoir à ceux et celles qui sapent le moral des candidats des autres partis ou tentent de casser leur réputation.

Le peuple (les 250 000 personnes dans la rue) n’a pas besoin de voir projeté jour après jour, sur un écran, le miroir de ce qu’il vit et subit au quotidien.

La population a besoin d'assister à de véritables débats politiques en ce moment, histoire de  se voir présenter des plateformes solides qui reflètent des améliorations de leurs conditions de travail, de santé, d’éducation, etc. Sur fond de transparence et non de manipulation. 

Le peuple a besoin d’être rassuré par des gens de vision.

Le peuple a besoin de croire qu’au bout du tunnel, il y a des solutions à son mal être collectif.

Le peuple a besoin de rêver pour que la bataille qu’il livre quotidiennement pour survivre dans des environnements de travail souvent hostiles ne soit pas vaine. Il a besoin qu’on lui redonne espoir.

Le peuple a besoin d’un environnement de vie dans lequel il aura retrouvé le plaisir de son investissement personnel.  

Je repensais aux derniers mois qui ont bouleversé le Québec et donné lieu à des débats de toutes sortes. J’ai entendu l’ami me parler des opportunismes depuis le début du printemps érable.

 A l’ami avec lequel j’ai échangé sur le harcèlement moral et la violence perverse au quotidien, sur le syndicalisme, sur ce que le peuple ou non veut, sur la politique telle qu’elle est menée en ce moment, je dis : devenons opportunistes dans le vrai sens du terme; avant qu’il ne soit déformé et utilisé de manière péjorative; alors qu’il se caractérisait par la recherche du soutien populaire dans l’engagement des réformes et qu’il s’opposait au radicalisme[1].



Les journalistes qui font défection.

Un mot sur la dernière nouvelle qui vient de tomber. Le dépôt d’une plainte au Conseil de presse pour la candidature de Pierre Duchesne au PQ.

En 1992, je quittais Radio Canada, l’Émission Le Point, pour travailler, 15 jours plus tard, comme attachée de presse de Lucien Bouchard sur la campagne référendaire de Charlottetown et plus tard celle des élections fédérales en 1993.

Michaelle Jean (ex-gouverneure générale), Luc Lavoie (chef de cabinet), Gilbert Lavoie (attaché de presse), Christine Saint-Pierre (députée et ministre), Bernard Drainville (député), Richard Vigneault (Attaché si ma mémoire est bonne puis boite de coms), Jean Lapierre (celui de Radio Canada pas le JL de TVA), Jean-Pierre Charbonneau, (député et prés. de l’As. nat.), etc.

D'autres journalistes se présenteront, Raymond Archambault et Jean-François Lisée. En ce qui concerne ce dernier, il n'a jamais rien caché ses allégeances politiques, au contraire, il s'en servait.  

Combien de journalistes ont fait défection pour travailler en politique? 

Les précédents ne manquent pas. Il suffit de les débusquer.

Le purgatoire est plus difficile à passer dans l'autre sens. Deux ans ou plus pour réintégrer un poste dans les médias. 



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[1] Selon Wikipedia : L'opportunisme est aussi un courant politique qui s'est développé en France au début de la IIIe République et qui regroupait des personnalités du parti républicain comme Jules Grévy, Léon Gambetta, Jules Ferry. Il se caractérisait par la recherche du soutien populaire dans l'engagement des réformes et s'opposait au radicalisme. Selon Gambetta « en politique, les transactions seules peuvent amener des résultats »1.